samedi 2 avril 2011

L'été austral.

Je vous écris ces lignes depuis le Jardin de l'Etat de St Denis. Des enfants de toutes les couleurs courent partout en maillot de bain, se jetant dans les bassins pour se rafraîchir. Je suis assise dans l'herbe dans ma petite robe légère, à l'ombre d'immenses arbres très verts, comme on en voit sur les cartes postales. Le soleil est haut et j'apprécie le vent qui rend l'atmosphère moins étouffante ces derniers jours. Il paraît que l'été austral touche à sa fin. L'été austral. Pour une européenne, ce concept est totalement exotique. Mais le vivre relève d'une expérience bien plus déroutante, modifiant votre rapport aux saisons, à la valeur du temps qui passe, à vos traditions.

Le Jardin de l'Etat, à Noël.
La période la plus flagrante est celle des fêtes de fin d'année. Quelle bizarrerie de voir les magasins et les rues se décorer des atours de Noël, alors qu'il fait plus de 30° dehors! Le Père Noël qui se ballade au Centre Commercial où je fais mes courses semble perdu sur la route du Pôle Nord. Le pauvre, il doit mourir de chaud dans son habit en velours! Car le plus étonnant, c'est qu'ici les gens ne se sont pas "réapproprié" la tradition. Ce sont donc des images de bonhommes de neige et de sapins qui jalonnent notre environnement visuel. Alors que comme le chante Jacqueline Farreyol (la Anne Sylvestre locale), ici, c'est Noël sous les flamboyants.


Marché de Noël de Saint Denis

Et puis il y a cette nuit extraordinaire qu'est le Nouvel An. La tradition est de se retrouver au lagon où presque 10 000 personnes établissent un camping géant dans la pinède. On fait des barbecues, on boit du rhum arrangé, on rencontre des gens. Et à minuit : tout le monde dans le lagon! Des dizaines de lampions chinois s'envolent dans le ciel. Un sacré contraste avec le Nouvel An que j'avais passé sur les bords d'un lac gelé des Laurentides par -30°! Là, tout le monde est en maillot et on regarde le soleil se lever sur l'océan en se disant qu'on est privilégiés de vivre un tel moment. C'est tout de suite plus facile de voir en rose l'année qui commence.

 1er janvier 2011, 6h41.

Bon, il y a quand même le côté pluies diluviennes qui accompagnent cette saison. Au point que l'un de mes colocataires a pu réaliser un de ses rêves : faire un remake de la pub Tahiti Douche. Ces pluies qui résonnent sur les toits en tôle, entraînent des crues dans les ravines, rendant routes et mer impraticables.


Le déluge (en route pour "Somewhere", que ne ferait-on pas pour un film de Sofia Coppola!), avec les commentaires d'Alizé.

(Mal)heureusement, la Réunion n'a pas essuyé de cyclone cette année. Le genre de phénomène météorologique qui est destructeur dans un endroit comme Madagascar, mais espéré par les enfants d'ici comme la neige de par chez nous parce qu'un cyclone est synonyme d'école buissonnière forcée, d'enfermement dans la maison à s'éclairer à la bougie et passer du temps avec toute la famille. Apparemment impressionnant, surtout lors des quelques minutes de calme total au passage de l'oeil du cyclone juste au-dessus des maisons. Les gens d'ici sont parés et les dégâts minimes.

Finalement, la chaleur et le soleil de plomb obligent à ralentir le rythme de vie. Cet "été en hiver", que je ne revivrais sans doute jamais, m'apprend la sérénité, le lâcher prise, et à apprécier une certaine langueur. Et aussi, non négligeable, un bronzage impeccable!

2 commentaires:

  1. Bravo pour cette prose ! C'est poétique autant dans le texte que dans le récit.
    On y est !
    A quand les photos du bronzage ?
    A#
    guillaume

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  2. Bon anniversaire si je me souviens bien !
    A#
    guillaume

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